mardi 19 juillet 2011

J'ai des circonstances atténuantes

Parce que faire les courses avec les deux gars dans les pattes (le sort de Biggirl est réglé : je la scotche au rayon des bouquins, elle ne bouge plus), qui trouvent que le petit caddie est la meilleure invention de cette fin de siècle, et que franchement, si les rayons des grands magasins ne sont pas faits exprès pour courir à toute vitesse en poussant le caddie taille gnôme devant soi sur fond de cris de guerre, c'est que les grandes personnes n'ont rien compris au cerveau des enfants (mais force est de constater que les grandes personnes comprennent rarement grand chose au cerveau des enfants), faire les courses dans ces conditions extrêmes, donc, est un tour de force en soi.

On se demande pourquoi c'est toujours le lundi ou le mardi que les grosses courses font cruellement défaut, et pas le mercredi, où le Père de Mes Enfants est at home et que je pourrais faire ça peinarde... Y'a des questions philosophiques comme ça, qui devraient mériter un peu plus d'attention, je pense.

Évidemment quand on est la Mère de Famille, responsable des dégats collatéraux causés par les Chevaliers du Caddie Argenté, voire par moment victime de ceux-ci (ouille), si on vous accoste avec un grand sourire, qu'on vous tape la bise, qu'on prend de vos nouvelles, qu'on discute de votre reprise du boulot (prochaine, incessante, probable, décidée quoi qu'il en soit, un jour, quoi...), du boulot de prof qui implique que c'est les vacances, tout ça...

Si pendant ce temps, il faut alimenter la conversation, en jetant un œil sur les deux Buzz l'Éclair de nos entrailles (deux ! Déjà un ça faisait du mouvement, mais quand ils se dédoublent, c'est acrobatique), évidemment que le pauvre neurone de garde censé se souvenir de la personne à qui on parle est un peu dépassé lui aussi.


Bien sûr que j'aurais pu lui dire nettement que "ça va peut-être te vexer un peu, mais je ne me souviens plus de où on se connaît...". Sûr que ça passerait tout seul. Sûr que plus de la moitié d'entre vous ne le fait absolument jamais.

Genre cette personne que j'ai eue au téléphone par erreur (mon frère a changé de numéro sans me le dire, le fourbe), et qui a fait mine de se souvenir de moi quand j'ai décliné mon nom, persuadée que j'étais de causer à ma belle-sœur : "ah oui ! excuse-moi, j'y étais pas" et pour cause : on ne se connaît pas du tout.




Le problème, c'est que même rentrée chez moi, les neurones à peu près au repos (regardez ! J'arrive à bloguer un truc !), je ne vois pas.


Pire.


Sa tête ne me dit absolument rien...


Or si j'ai une fâcheuse tendance à zapper les noms, les lieux de rencontres, même, les époques évidemment, quand je connais quelqu'un je suis plutôt du genre à penser "ah, on se connaît, mais d'où déjà ? C'est qui ?". Or là, rien. Nada. Queud'. Le blanc.




Reste à savoir si c'est Alzheimer qui frappe de façon très précoce chez moi, ou si c'est elle qui s'est complètement paumée (sauf qu'elle a sorti un truc de juste, genre "t'es kiné, non ? Ah, orthophoniste, je savais que c'était dans le paramédical"... Que je ne risquais pas de sortir du tout de mon côté).






Vous sauriez pas qui c'est, vous, par hasard ?

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