lundi 29 novembre 2010

6 ans

Presque.

Dans une semaine.

Elle me laisse entrevoir par ci par là quelques aspects de sa personnalité qui ne manqueront pas de nous donner de quoi causer quand elle sera adolescente.



Comme elle est instruite à la maison, toutes les occasions sont bonnes pour lire, écrire, compter. Écrire étant un peu sa bête noire, je lui ai proposé de préparer les invitations à son anniversaire. La première n'a pas été sans mal. Suivre la ligne, avoir des lettres de taille à peu près proportionnelle et à peu près stable, bref, ces petits détails qui lui tapent sur le système ne font pas son bonheur.


Le lendemain, deuxième lettre, la différence est nette. Les lettres sont jolies, les tailles sont respectées et les lignes aussi.
Moi je suis contente de l'effet kiss cool, et toute fière de ma trouvaille je lui annonce que "ben tu vois quand on s'entraîne un peu, ça s'améliore rapidement !".


- Ah non, mais là la lettre d'aujourd'hui c'est normal, maman, elle est pour un garçon !




Forcément, comment n'y avais-je pas pensé plus tôt...

vendredi 12 novembre 2010

Mercredi

Je sais pas chez vous, mais ici le mercredi c'est un peu la course. La matinée est remplie d'activités des gosses, évidemment dans un village à un quart d'heure de route de chez nous sinon c'est pas très drôle.

Le challenge c'est de réussir le mercredi parfait, celui où on ne sera en retard ni à l'anglais de Biggirl à neuf heures quinze (non mais rendez-vous compte : neuf heures quinze, quoi ! Faut qu'on se lève aux aurores pour envisager d'être à l'heure), ni à la musique de Tiboy à neuf heures trente (là si j'étais pas trop en retard au premier ça le fait, mais évidemment la musique c'est dans le village à côté, ça serait trop simple sinon...), ni pour récupérer (au choix, heureusement que je ne suis pas la seule mère de famille débordée par un emploi du temps de ce genre) Tiboy ou Biggirl à la fin de leur cours (qui se terminent évidemment à la même heure, ah ah ah), ni pour le cours d'anglais de Tiboy (en théorie on a tout notre temps pour être à l'heure puisqu'il y a un battement de trois quarts d'heure entre la fin de la musique et le début de l'anglais, battement qu'on occupe à la médiathèque, sise dans un bâtiment adjacent, mais justement ! C'est fou comme le fait d'avoir le temps peut nous mettre à la bourre).


Dit comme ça, ça paraît tout simple, suffit de partir à l'heure le matin. Même si c'est en soi un petit challenge, je sais qu'en quittant la maison à huit heures quarante cinq on est tranquilles.





Mais les Choses sont fourbes, elles tendent des pièges pour rendre la quête plus difficile.




Cette fois mes trois enfants ont quitté la maison pieds nus dans leurs chaussures pour cause de pénurie de chaussettes. Je ne sais toujours pas comment autant de paires peuvent divorcer dans 90 m2. Le fait est que c'est un peu la dèche en la matière chez moi (les toutes seules font la fête dans ma salle de bain en attendant leur promise, mais en vain...), et ce jour-là, toutes mes paires rescapées se sont trouvées ensemble dans la machine à laver, dommage.

Donc pieds nus, les gosses.
En plein mois de novembre.
Avec un Tiboy qui doit virer ses godasses pour son éveil musical, je suis passée pour une mère attentive, je vous dis pas comment.
Bref.



Moi innocemment, je me suis dit que pas de problème, puisque le cours d'éveil musical me laisse un battement de trois quarts d'heure environs avant de récupérer les petits ou les grands, j'irais acheter des paires de chaussettes au magasin.




Sur deux surfaces moyennes et un magasin de fringues pour enfants, pas une paire.

On est bien barrés.

Ah si, le magasin de sport en a plein des jolies, ouf.






Treize euros la paire, siiiiiiiiiiiiiiiiiiiiigh...








(et l'autre là du magasin de me dire en toute simplicité : ah elles sont géniales ces chaussettes : mes gosses ne portent que ça... Mh mh ?)



Et évidemment quand tu as fait tout le bled, que dis-je tous les bleds (aller-retour au bled de départ qui comprend un supermarché digne de ce nom exclu : temps disponible insuffisant. Non, non, on n'essaye même pas), pour ne PAS trouver de chaussettes (enfin si, je les ai prises les chaussettes à treize euros la paire, je peux vous dire que ces couples-là je les surveille de près, le divorce est interdit, c'est pas dans leur religion), ben t'es en retard pour récupérer le premier, et etc. quoi...).





Mercredi parfait première : mission échouée.

mercredi 10 novembre 2010

Quâ ?

"A vu na nune"
- Tu as vu la lune, mon chéri ? (vous noterez au passage l'aisance dans la traduction simultanée Bouchon-Français)
"Quâ ?"
- Je dis : tu as vu la lune ?
"Quâ ?"
- Tu - as - vu - la - lune ?
"Quâ ?"
- Laisse tomber mon cœur...
"A vu na nune..."


De deux choses l'une : soit ce gosse cherche à m'envoyer en cure de repos par des moyens à la limite de la légalité, soit il se paye ma fiole.



Optons pour la seconde.



"Quâ ?"

lundi 8 novembre 2010

Pas.

On n'y va pas.

On ne se lève pas le matin, on s'habille rarement "pressés", on petit déjeune jusqu'à dix heures.

Ils jouent des heures d'affilée. Ils lisent aussi, surtout Biggirl qui avale des histoires au kilo, les unes après les autres, sans compter celles que je leur raconte.

Ils apprennent de façon informelle pour la plus grande part. On met en place quelques ateliers ponctuels de maths et d'écriture ou d'orthographe, en fonction des envies, du temps disponible, de la sieste de Ptibouchon.

On rencontre d'autres extraterrestres dans notre genre, environ une fois par semaine, pour une visite ou un spectacle, pour le plaisir aussi.

Ça s'appelle l'Instruction en Famille. C'est légal.
Je ne suis pas là pour m'en faire le porte-drapeau. Je suis contente que la loi française me donne ce choix, que je fais de façon très égoïste pour nous, pour eux, parce que cela nous convient.

Les grands débats sur l'École, sur ses qualités et ses défauts, je les évite de plus en plus. Après tout ce n'est plus notre histoire. Pas pour le moment en tout cas. Je ne sais pas de quoi demain sera fait. Je sais juste qu'aujourd'hui, ici, on prend notre temps et que ça nous ressemble.



Ce message est essentiellement là pour dire que ce projet est toujours d'actualité chez nous, qu'il se construit petit à petit, et qu'on s'y retrouve pour l'instant tous les cinq, avec nos phases de doute et de remise en question, comme toutes les familles du monde.




J'espère que vous n'allez pas fuir ce blog (à publication un peu anarchique et décadente je vous l'accorde). Je ne mords paaaaaaaaaaaaas !