mardi 6 juillet 2010

Lettre ouverte au Ptibouchon de mon cœur

Mon amour de bébé,

Je conçois  avec lucidité que ta mignonne petite vie toute neuve est quelque peu désorganisée et manque de repères stables. J'ai compté : tu as bel et bien dormi dans une vingtaine de lieux différents en dix-huit mois d'existence, ça frise le signalement à la DDASS pour bébé sans domicile fixe.

Il n'est donc pas tout à fait surprenant qu'à bientôt dix-huit mois tu t'obstines à te réveiller au milieu de la nuit (quelque part entre minuit et quatre heures, ce qui n'est pas franchement catholique, les spectateurs en conviendront, et tu devrais les écouter), et à ne savoir te rendormir que bien accroché au néné de ta pauvre mère.


Nous retiendrons que la sus-nommée doit tout de même accepter plus ou moins consciemment cet état de fait, car elle ne se serait pas privée sinon de prendre les choses en main de façon radicale depuis déjà un moment. Ne la plaignez donc pas trop piteusement, elle ne le mérite pas.


(fin de la parenthèse visant à vous faire quand-même vous apitoyer sur mon sort, j'espère que vous l'aurez compris tout seuls)






Il est quand-même un certain nombre de limites qu'il va falloir, mon cher enfant, que tu commences à admettre voire à appliquer avec la rigueur qui s'impose.


Le petit garçon teigneux qui refuse de se rendormir sans protester parce qu'on lui a enlevé le sein de la bouche est donc instamment prié d'aller se trouver un autre lieu d'expression que mon lit aux heures indues qu'on a évoquées ici, et à reprendre ses vieilles habitudes de bébé qui tête et se rendort, point. Le bureau des réclamations n'est pas ouvert avant 7 h 30 le matin, qu'on se le dise.



Si tu pouvais essayer de réussir à te rendormir dans le sens conventionnel de couchage, le détail serait de quelque importance pour la quantité de personne cherchant à utiliser ce lit (je sais bien que tu mesures moins de 80 cm mais je n'ai pas un lit en 180, merci).


De même, il est tout simplement hors de question d'envisager que tu puisses réussir à virer ton père de ce grand lit pour y rester à ton aise à emmerder ta mère. Non, n'essaye même pas d'y (re)penser, l'épisode de la nuit dernière restera nous l'espérons une erreur de jeunesse.




(Dans la perspective d'une rééducation efficace et d'un espoir ténu dans l'idée de passer des nuits plus reposantes, nous avons donc pris une décision radicale : le Ptibouchon de notre cœur, tout mignon qu'il soit, et tout têtu aussi, ira passer la fin de sa nuit dans le même lit que le début : à savoir le sien. Vous foutez pas de nous, on y croit vachement, hein !)

2 commentaires:

val a dit…

j'y crois pour vous si vous y croyez vraiment

By O. a dit…

Étant donné que le coucher de ce soir a commencé à 21 h 30 et terminé par un endormissement dans son lit à 22 h 15, tout reste à voir...