dimanche 6 janvier 2008

Eprouvant ?

J'ai curieusement plutôt bon caractère depuis 3 jours... Curieusement, parce que j'affronte (à mon corps défendant, s'entend !) le débarquement programmé et incontournable de ma belle-famille.

Bon, parce qu'on a réussi à éviter le "détour" (800 km, une broutille) dans notre (seule !!) semaine de vacances, mais il a bien fallu proposer une compensation acceptable à ce côté de la famille... Comme on ne pouvait décemment pas envisager de fêter Noël avec eux en mars (j'ai bien essayé de glisser l'idée, mais ça n'a pas été très très bien perçu, je ne sais pas trop pourquoi...), j'ai donc fait la proposition la plus logique en mon âme et conscience, à savoir les faire venir ici pendant notre semaine de "rentrée" (mon Amoureux était en stage cette semaine et j'ai travaillé vendredi).

Proposition logique, oui.

A ma droite, O., son amoureux et leurs deux bibous minus, avec en perspective pour les vacances un aller-retour de 700 bornes pour la première semaine, et une reprise des marques tranquillou la seconde, mon Amoureux au travail.

A ma gauche, Papi, Mami (retraités, mais cardique (lui), mais retraités quand-même, oh !)(je vous dis pas, je suis en train de rédiger mon petit truc avec la fameuse belle-famille qui tourne autour, j'ai des bouffées de chaleur, pfiou !), Parrain-tonton et future femme, en vacances au chômage.

Y'a pas photo, c'est décidément leur voyage à eux qui était à envisager, et pas notre aller-retour à nous, avec gosses et fatigue.

Bon, en plus je regrette encore moins l'option qu'on a accumulé les crèves et divers microbes, et qu'en plus y'a pas eu moyen de se retrouver un autre jour que samedi midi dernier avec ma famille, et que re-en plus ma grand-mère je ne la reverrai peut-être jamais et que j'avais besoin de me faire ma dose de famille-à-moi cette année, voilà.

Sauf que donc en face, on a un Papi et une Mami qui sont moyen dupes du fait que l'année où on monte jusque chez eux, ben on reste nos 3 jours (difficile de faire plus court...) et on s'arrête chez les miens au retour, c'est comme ça.

Et donc Papi (cardiaque et insupportable, les deux étant relativement liés, faut avouer) a tenté depuis 3 semaines de nous faire culpabiliser un max :

- en appelant à la minute où on partait pour chez mes parents pour nous dire qu'il allait se faire ré-opérer et qu'il allait certainement y rester ;

- en répondant à sa petite fille qui lui souhaitait "joyeux Noël" au téléphone le jour J que "oui, ma petite chérie, tu as raison, ton Noël à toi il a été joyeux..." ;

- et en passant les 3 jours avec nous assis dans un fauteuil, mimiques de douleurs insupportables passant sur son visage, et avec de temps en temps, comme j'ai pas l'air de m'apitoyer assez sur son pauvre sort (il peut courir, hein, voir plus loin again...), un petit mot genre "oui, je souffre terriblement". Je crois que le mieux c'est les longs silences, yeux fermés, concentré sur ses douleurs, avec Mami qui se lève, vient lui prendre la main avec un regard empathique et désolé. Tout à l'heure c'était au milieu de l'histoire qu'elle racontait à Biggirl... Ma choupette a pas tout pigé, hein !



Oui, je ne suis pas très cool avec Papi.


Oui, il est cardiaque pour de vrai, et probablement même qu'il a mal pour de vrai, si, si, je suis prête à le croire...


Mais !


(oui, non, parce qu'en vrai je suis généralement plutôt gentille, enfin je crois, mais là je peux, pas, vraiment je peux pas. Ou je peux plus, je sais pas...)



- Pour commencer depuis que je le connais, il va mourir à peu près tous les ans, c'est un miraculé, il aurait dû mourir depuis tellement longtemps que c'est à se demander pourquoi il se donne encore autant de mal pour essayer de rester en vie...


- Ajoutez à ça le fait que ce type est tout simplement imbuvable (enfin quand il est en forme... Là il a passé 3 jours concentré sur sa maladie, donc on l'a pas trop entendu sur les autres registres, je ne sais pas ce que je préfère en fait). En plus d'être totalement racicste (mais non, il a de très bonnes connaissances noires, des gens très bien, si, si, et s'il parle des "bicots" c'est un petit nom, c'est tout...), il considère que son point de vue sur le monde seul est valide et digne d'intérêt, il a une fâcheuse tendance à t'apprendre ton boulot, et passe généralement son temps à expliquer en long en large et en travers comment il a fait mettre à la porte du magasin cette caissière grossière et imrpudente qui a eu la mauvaise idée de le regarder de travers quand il est passé à la caisse...


- Et pour finir, cette charmante personne a passé quelques années à humilier et frapper l'homme de ma vie.



Désolée, il est essoufflé quand il parle, il ne ferme pas l'oeil de la nuit à cause des douleurs que lui procurent la station assise, il pense qu'il ne survivra pas à son opération début février... Et je n'ai pas de compassion...





Je crois qu'on récolte l'amour qu'on a semé dans la vie.

1 commentaire:

JOe a dit…

Oups!! Ben là je suis remplie de compassion pour toi! Dur dur la famille, heureusement que tu arrives à mettre de l'eau dans ton vin: avoir un geignard à la maison ce n'est pas évident!!!!!!