dimanche 20 janvier 2008

Considérations professionnelles

Je crois que je suis guérie à tout jamais de l'idée même de m'associer un jour avec quiconque pour le boulot. Tant que ça roule, rien à dire, mais le jour où ça commence à grincer, je vous raconte pas le binz.

Enfin là où je bosse c'est le bronx total depuis que je suis arrivée en gros, et je commence à en avoir un peu ras la casquette.

C'est pas la faute de ma collègue si elle a le mauvais oeil sur elle (ou un ennemi qui joue des poupées vaudou, faut voir). Je rappelle qu'en une seule année, elle a cumulé une annonce de maladie grave dégénérative, le départ de son mec, celui de son associée, les deux la laissant toute seule avec les emprunts respectifs de la maison et du cabinet, la dernière la laissant également avec une jolie petite somme de dettes qu'elle ne récupérera jamais bicose même l'avocate l'a laissée tomber, et elle ne veut pas lui rendre son dossier. Là elle démarre fort 2008 avec son père à l'hôpital, et pas pour se faire plâtrer une jambe, sur fond de dispute familiale à la Dallas qui a déjà pourri Noël, et l'annonce tant redoutée de la réinstallation dans le village de l'ortho qui était partie, avec le risque très présent de voir repartir vers elle tous les patients qui étaient venus vers nous quand elle avait subitement quitté les lieux sans en prévenir la moitié, et en racontant à l'autre moitié qu'"on" l'avait foutue dehors en la laissant nue sous la neige avec un quignon pour subsister (ou presque).

Bref. La vie de cette fille je ne l'envie pas, c'est vrai.

Presque j'aurais des scrupules à la laisser tomber l'an prochain, mais non.

J'ai décidé que ma vie à moi ce n'était pas la sienne, et qu'il fallait que je me préoccupe de notre bonheur à nous. C'est égoïste (mais c'est plus une nouvelle sur ce blog, je suis une sale égoïste sans coeur qui n'attend que la mort des gens qu'elle n'aime pas, hin hin hin), et en même temps peut-être un fond de précaution. J'aurais presque peur que la chtoumoune soit contagieuse, à force.

Bon, en fait ce qui me donne envie de fuir de mes deux petits jambes vers d'autres cieux, c'est pas seulement le contexte, c'est aussi la personne. A priori plutôt sympa, d'ailleurs. Enfin j'ai absolument rien à lui reprocher sur le plan relationnel... Mais elle et moi on a deux façon d'aborder la vie et les soucis qui m'apparaîssent comme de moins en moins compatibles.

Cette personne est une pessimiste comme je n'en avais jamais rencontré avant. Vous direz (avec sagesse) que quand on s'en prend plein la tronche à ce point, ça finit par devenir difficile de garder le moral. N'empêche.

On a discuté la dernière fois un peu de mes projets d'avenir à moi. Genre je trouve que je suis plutôt sympa de lui parler de nos envies de petit troisième avant même d'avoir commencé la mise en chantier. Ben nan. Je l'ai stressée, parce qu'elle n'avait pas compris la première fois que j'avais abordé la chose qu'il y avait un "risque" de bébé en janvier 2009 (ki ki lit tout ça dans la famille ? Top secret, hein !!), et par extension un grobidon courant cette année, et par conséquent forcément un arrêt de travail en plein milieu de l'année pour cause de grossesse pathologique, hein, avec la chance qu'elle a (merci, j'avais pas vu les choses sous cet angle, ni même imaginé une seconde qu'être enceinte était une maladie grave, mais si tu le dis...). Et donc limite elle m'a râlé dessus parce que je la prévenais 3 mois avant d'essayer de tomber enceinte que peut-être je le serai... Si c'est pas du pessimisme...

Et là elle m'a appelée environ 3 fois de suite ce WE pour me dire que l'ancienne associée se résintallait et qu'elle craignait le départ de nos patients vers leur ancienne ortho, et les conséquences sur le cabinet... Parce que de toute façon quoi qu'il se passe, les conséquences sont forcément négatives.


Et moi je me rends compte que depuis le retour des vacances de Noël et la perspective d'un petit être vivant à créer sous la couette (ben ouais quoi), ben je me désengage de mon travail, petit à petit. Et que c'est surtout à cause d'un petit ras le bol de cette ambiance au boulot, une envie de me protéger un peu, peut-être. En tout cas, ce qui est sûr c'est que je ne peux pas m'empêcher de presque souhaiter que ma collègue décide de mettre fin à notre collaboration en septembre, quitte à ce que je cherche un remplacement dans un environnement moins toxique pour combler le temps qu'il restera à travailler avant de m'arrêter pour grobidonner en paix.


...

3 commentaires:

JOe a dit…

Bon tu as le choix: où tu t'en vas en courant ou tu pries le Grand Sorcier de te laisser tranquille des fois que la guigne soit contagieuse.
Et bien bravo pour tes projets , c'est super. Tu as raison de penser d'abord à toi et à ta famille car ce n'est pas ta collègue qui "doit faire ta vie"!!

By O. a dit…

Moi je crois à ma chance, peut-être que c'est aussi comme ça que ça marche. Ma collègue est tellement persuadée d'avoir la guigne que je ne vois pas comment sa bonne étoile aurait une chance de la surprendre... Et c'est bien dommage pour elle, mais je ne pense pas pouvoir la faire changer à moi toute seule alors... Comme tu dis : je vais me préoccuper de "faire ma vie" ;-)

Anonyme a dit…
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